Étude i-GAP : ouvrir le dialogue entre les patients et les professionnels de la santé

Lorsqu’on parle de planification préalable des soins aux Canadiens, la plupart disent que de telles discussions sont importantes, surtout avec les membres des équipes de soins de santé. Pourtant, la majorité des médecins de famille/omnipraticiens et infirmières ne sont pas à l’aise avec ce sujet ou se disent mal outillés pour aborder la question. Mais alors, comment établir le dialogue entre patients et soignants?

Une nouvelle étude intitulée « i-GAP » sur l’amélioration de la planification préalable des soins en médecine générale cherche à mieux comprendre les raisons derrière ce phénomène et la façon d’inciter les professionnels de la santé à discuter avec leurs patients de leurs volontés en matière de soins. Pilotée par des chercheurs de l’Université McMaster, de l’Université Queen’s, de l’Université de l’Alberta et de l’Université de la Colombie-Britannique, cette étude est menée dans des cliniques de médecine familiale d’un bout à l’autre du pays. La rétroaction ainsi recueillie auprès de patients et de professionnels de la santé servira à élaborer et à mettre à l’essai des outils et stratégies pour aider les praticiens en médecine familiale à amorcer le dialogue et à discuter de planification préalable des soins avec leurs patients.

Les études antérieures sur le sujet se sont plutôt intéressées aux patients, aux aidants naturels et aux professionnels de la santé en contexte hospitalier, mais nous savons maintenant que la plupart des Canadiens sont d’avis que ces discussions devraient avoir lieu alors que les gens sont encore en santé, et non en situations de crise. Des recherches ont également révélé un niveau de stress élevé chez les aidants naturels qui se voient obligés de prendre des décisions, à l’hôpital, pour un proche n’ayant pas préparé un plan préalable.

Les Canadiens sont sans équivoque : ces discussions sont importantes, et particulièrement en contexte de pratique familiale. L’étude i-GAP nous fournira les réponses nécessaires pour éliminer les obstacles et ouvrir le dialogue entre patients et soignants.

Michelle Howard est professeure adjointe au département de la médecine familiale et membre associée au département de l’épidémiologie clinique et de la biostatique à l’Université McMaster, et chercheuse principale de l’étude i-GAP.