Lorsque la Dre Lenore Zou, médecin de famille à Dundas (Ontario), a décidé de participer au projet de recherche i-GAP (Improving Advance Care Planning in General Practice), elle était heureuse à l’idée d’en apprendre davantage sur la planification préalable des soins et d’évaluer les outils utilisés pour appuyer ces difficiles discussions avec les patients. Or, bien qu’elle ait constaté que la plupart des patients et des familles sont réceptifs à ces outils, elle a aussi découvert que certains ne veulent tout simplement pas aborder le sujet.

 

« Il peut être très complexe de tenter de discuter avec des patients qui n’acceptent pas que leur fin de vie approche, confie-t-elle. Cela rend les choses difficiles lorsqu’il faut leur expliquer que la maladie va continuer de progresser, et quelles décisions s’imposent. »

 

Par exemple, un patient âgé de la Dre Zou refuse de discuter avec elle de ses soins de fin de vie, étant convaincu qu’il prendra du mieux. Elle s’inquiète du fait que lui et sa famille ne seront pas préparés à la suite des choses. « Son état va continuer de se détériorer, et d’importantes décisions devront être prises. J’ai bien peur qu’ils ne seront jamais prêts à envisager ce qui les attend inévitablement. »

 

Parfois, une telle réticence s’explique par des convictions culturelles entourant le décès ou les discussions à ce sujet. Certains groupes culturels croient en effet que le seul fait de parler de la mort peut en accélérer l’arrivée. Et certaines familles ont de la difficulté à discuter de sujets « intimes », ou à reconnaître qu’un être cher mourra bientôt.

 

La Dre Zou s’est tournée vers plusieurs membres de la famille de son patient, particulièrement sa fille, afin de les aider à comprendre le pronostic du vieil homme et à se préparer à ce qui les attend tous. « Mon but, dit-elle, est de les aider à mieux soutenir leur être cher, mais j’espère surtout les amener à voir ces discussions d’un autre point de vue, afin qu’un jour, ils puissent effectuer leur propre planification préalable des soins. »

 

Le projet i-GAP vise à augmenter le taux de participation des patients et des familles aux activités de planification préalable des soins en contexte de soins primaires. Pour en savoir davantage, prière de visiter le http://thecarenet.ca/our-projects/primary-care/147-i-gap.