En avril 2013, j’ai passé un mois à discuter avec des collègues de leur planification préalable des soins. J’ai surtout abordé des médecins du Royal Columbian Hospital à New Westminster (Colombie-Britannique), ou à des médecins associés à cet établissement où j’étais médecin hospitalière. Mes conversations ont culminé le 16 avril à l’occasion de la troisième Journée nationale de la planification préalable des soins du Canada. J’avais déjà parlé à 107 médecins et à 37 autres professionnels de la santé.

Voici ce que je demandais à mes collègues :

  1. Si un incident survenait et que vous n’étiez pas en mesure de prendre des décisions médicales pour vous-mêmes, connaissez-vous quelqu’un en qui vous avez confiance qui pourrait le faire à votre place?
  2. Sur une échelle de 1 à 10, dans quelle mesure cette personne prendrait-elle les décisions qui respecteraient vos désirs, vos valeurs et vos préférences, si votre état était potentiellement fatal ou encore pouvait vous laisser avec d’importantes incapacités?

Je craignais que mes collègues soient quelque peu mal à l’aise par mes questions. Pas du tout — jeunes et moins jeunes, peu importe leur spécialité ou leur horaire très chargé au moment où je les ai interpellés, et même si certains me connaissaient très peu — ils ont tous dit qu’ils pensaient que le sujet méritait qu’on s’y attarde dès maintenant.

Et quels ont été les résultats? La plupart des médecins ont une bonne idée de leurs préférences de soins s’ils ne peuvent récupérer, et ont attribué une note de 9 sur 10 à la confiance de leurs êtres chers de respecter leurs désirs. Il est toutefois surprenant que la moitié des médecins n’avait pas eu une discussion sérieuse à ce sujet, soit le même pourcentage que dans la population en général. C’est à se demander jusqu’à quel point leur confiance est justifiée.

Qui plus est, j’ai réalisé que ce n’était pas aussi difficile que je l’aurais cru d’entamer la conversation (107 fois!). Je crois qu’au fur et à mesure que les médecins réalisent leur planification préalable des soins, ils seront mieux outillés à en faire la promotion et à aider les patients à les imiter. Sinon, au moins nous prêcherons par l’exemple tout en assurant la paix d’esprit à nos proches et à nous-mêmes. Enfin, nous aurons la satisfaction d’avoir fait part de nos désirs.

La Dre Joelle Bradley est une jeune médecin hospitalière au Royal Columbian Hospital. Elle est membre du conseil de la Fraser Northwest Division of Family Practice où elle agit comme médecin principal auprès du Comité directeur pour la planification préalable des soins, et responsable d’améliorer la planification préalable des soins dans la collectivité locale.

Vous avez besoin d’aide pour entamer la conversation? Nous avons des amorces pour vous et des conseils « Il suffit de demander » pour parler aux patients et aux familles.