Le patient, un homme âgé souffrant d’une cardiopathie en phase terminale, arrive à l’hôpital en détresse. Il est accompagné de sa femme qui est en état de panique, visiblement terrifiée par l’état de son mari et incertaine de ce qui les attend.

Vous savez que tout autre traitement à ce stade-ci ne changera probablement pas le pronostic — de fait, certains traitements, comme la RCP pourrait même venir empirer la situation. Cependant, en tant que professionnelle de la santé, vous vous sentez obligée de faire quelque chose.

Et si ce « quelque chose » était une conversation?

Une étude d’avril 2013 a révélé que bien que la majorité des patients âgés préfèrent ne recevoir que des soins de confort à la fin de leur vie, les technologies de survie sont de plus en plus utilisées dans les derniers stades de la vie. Les résultats de l’étude, publiée en avril 2013 dans le numéro du Journal of the American Medical Association, Internal Medicine, indiquent que les préférences des patients relatives aux soins de fin de vie étaient inscrites correctement dans leurs dossiers médicaux que seulement 30 % du temps.

Les infirmières sont bien placées pour travailler avec les patients et les membres de leur famille pour savoir si les patients ont déjà discuté de planification préalable des soins, de leurs désirs et s’ils ont désigné leur mandataire spécial. Bien que les travailleurs sociaux et d’autres professionnels de la santé peuvent aussi parler de ces sujets, c’est l’infirmière qui est le plus souvent au chevet du malade, qui passe du temps avec le patient et sa famille et qui fait le lien avec les autres membres de l’équipe.

La conversation peut prendre différentes formes. Elle peut se limiter à poser des questions difficiles (mais importantes). Elle peut aussi signifier d’écouter un patient parler de ses valeurs et ses préoccupations. Elle peut aussi servir de guide auprès du mandataire concernant les options de traitement offertes lorsque le patient ne peut plus communiquer.

Sur la première ligne de soins, les infirmières jouent un rôle unique dans la prestation de soins tant aux patients qu’aux membres de leur famille. Bien qu’on nous demande constamment d’assumer de plus grandes responsabilités dans un laps de temps réduit, nous avons aussi le pouvoir — et le devoir — de nous assurer que la voix de nos patients est entendue.

Louise Hanvey est la directrice du projet national La planification préalable des soins au Canada : Parlons-en : Dialogue sur les décisions de fin de vie, avec l’Association canadienne de soins palliatifs (ACSP). Infirmière autorisée, Mme Harvey a une vaste expérie