Au cours des derniers mois, j’ai eu la chance de voyager pour assister à différentes conférences afin de faire connaître mon travail avec l’ACSP et la BC Cancer Agency. J’ai parlé des ressources offertes aux patients atteints d’un cancer, à leurs familles, et aux professionnels de la santé pour la planification préalable des soins.

Ces réunions nous ont permis de discuter avec sagesse d’importants sujets, comme les soins prodigués aux patients atteints d’un cancer, des renseignements qu’ils reçoivent, ainsi que sur la mort et le processus de décès. Nous en avons tous tiré de nombreuses leçons. Mais l’une d’entre elles m’a touchée personnellement.

Le mois dernier, en revenant du congrès de l’ACSP à Ottawa, j’avais prévu une brève escale de deux jours en Saskatchewan pour visiter ma famille, plus particulièrement mes grands-mères. Le moment de ma courte visite était quasi parfait. En effet, quelques jours avant mon arrivée, l’une de mes grands-mères avait célébré son anniversaire et l’autre allait avoir quatre-vingt-dix ans pendant mon séjour. J’étais si heureuse de pouvoir partager ces moments avec elles.

Le premier jour, la route de la ville vers la municipalité de ma grand-mère — une petite collectivité agricole à environ une heure de route — s’est avérée assez dangereuse pour elle et moi. Une tempête venait tout juste de frapper, nous avons donc dû conduire lentement à la noirceur sur l’autoroute. Le voyage a été long, mais nous sommes arrivées chez elle saines et sauves. Ce soir-là, je lui ai montré le travail que j’avais réalisé sur les brochures pour la planification préalable des soins. Je me suis finalement sentie assez brave pour lui dire que la citation d’un membre de la famille signée anonyme, soit : « J’aurais aimé avoir eu un plan bien avant. Tout est arrivé si vite, par le temps qu’il respirait à l’aide d’un ventilateur, il était difficile de savoir ce qu’il aurait souhaité », venait en fait de moi. Je parlais de grand-papa, son mari, qui était mort moins de deux ans auparavant. Ce moment nous a permis de discuter de ce qu’il aurait voulu, mais aussi des souhaits de ma grand-mère si elle devait faire face à une situation semblable. Bien que nous n’ayons pas de réponses à toutes nos questions, nous avons fait un pas dans la bonne direction en abordant le sujet.

Le deuxième jour, mon père et moi sommes allés visiter ses parents qui habitent dans une autre petite collectivité agricole adjacente. C’était le jour du quatre-vingt-dixième anniversaire de ma grand-mère; je me considérais si chanceuse de pouvoir être là pour profiter de cette journée avec elle. Nous avons célébré chez mes grands-parents avec un bon souper bien tranquille. Quand j’ai eu terminé de raconter à ma famille les détails du congrès de l’ACSP auquel j’avais assisté, nous avons discuté de ce qu’ils souhaiteraient quant à la planification préalable des soins.

Deux jours après cette visite, mon père m’a téléphoné pour me dire que ma grand-mère de quatre-vingt-dix ans était tombée et, par le fait même, s’était fracturée une hanche. J’avais redouté ce moment quelques jours avant seulement; mais je n’aurais jamais cru que tout se déroulerait si soudainement. Le temps a passé, nous attendions des nouvelles de son état de santé. Nous avons finalement appris qu’elle serait assez forte pour se faire opérer; en fin de compte, tout s’est bien déroulé. Depuis, on l’a transféré vers l’hôpital de sa collectivité pour sa réhabilitation. Elle est de bonne humeur et se rétablit tant bien que mal.

Comment savoir ce que nos proches souhaiteraient vraiment s’ils ne pouvaient plus parler pour eux-mêmes? La seule façon de le savoir, avant que le moment arrive, c’est d’en discuter. Ça ne semble pas facile, mais vous n’avez qu’à engager le dialogue et vous verrez que ce n’est pas si difficile. Il faut en parler, autant pour eux que pour nous.

Angela Bedard est animatrice pour le programme provincial des survivants de la BC Cancer Agency