Lorsque la belle-mère de mon mari a reçu le diagnostic du lymphome primaire du système nerveux central (SNC) (le cancer du cerveau) en février 2012, cela nous a tous mis sous le choc. Elle était confuse, désorientée, et elle souffrait beaucoup. Fort heureusement, nous avions souvent discuté des questions touchant la fin de vie auparavant et mon beau-père considérait qu’il connaissait en gros ses dernières volontés.

Tandis que les stéroïdes et la chimiothérapie réduisaient les tumeurs, ma belle mère recouvrait la capacité d’engager une conversation normale. Et nous nous parlions beaucoup. Nous parlions des différents traitements offerts et des résultats de ces traitements. Nous parlions de ce qui était important pour elle, des objectifs qu’elle souhaitait atteindre dans sa vie et des espoirs qu’elle nourrissait à l’égard des soins de santé qui lui étaient prodigués. Nous parlions parfois des mois qui s’en venaient, de ce à quoi les derniers jours pourraient ressembler. Ces conversations ne se déroulaient souvent qu’entre elle et moi, dans le calme, pendant que les produits chimiothérapeutiques coulaient dans ses veines. Nous parlions souvent de son mari et de ses enfants. Nous avons quelquefois parlé de son équipe de soins de santé; elle était très claire sur certains aspects des soins qu’elle recevait et elle tenait à décider des interventions qu’elle acceptait ou non de subir. Nous en reparlions chaque fois que son état de santé changeait. Et lorsque ses objectifs n’ont plus été les mêmes en matière de soins, nous nous sommes assurés de transmettre ses vœux à son équipe de soins de santé.

Onze mois s’étaient écoulés entre la réception du diagnostic et l’approche des derniers jours. Elle était devenue plus confuse et il était de plus en plus difficile de savoir ce qu’elle comprenait et ce qu’elle ne comprenait pas. Mais nous n’avons pas cessé de parler.

Ce fut un voyage difficile. Il n’est pas facile de voir une personne que l’on aime éprouver de la douleur et de la détresse. Les conversations que nous avons eues avec elle et l’assurance que nous, sa famille, connaissions ses derniers souhaits furent une grande consolation. Elle nous a fait un cadeau en nous parlant de sa vie et de sa mort avec autant de courage et d’ouverture. Nous avons beaucoup de peine, mais nous ne sommes pas désespérés. Nous avons fait face à ces journées avec elle, nous sommes intervenus en son nom et nous avons soutenu son équipe de soins de santé dans la réalisation de ses derniers souhaits. Maintenant qu’elle est partie elle nous manque terriblement. Nous avons beaucoup de peine, mais cela nous réconforte de savoir que la fin de sa vie s’est déroulée comme elle le souhaitait. C’est important de se parler.